Ultrasons focalisés  (HiFU)

2016

 

Vous venez d’avoir un traitement par HiFU

Traitement par HIFU (Ultrasons focalisés de haute intensité):

Il s’agit d’un traitement du cancer de la prostate utilisant une destruction mécanique par brûlure de la lésion cancéreuse sans ouverture ni irradiation, mais à l’aide d’ultrasons. Cette technique ne s’adresse pas à tous les patients et son indication doit être validée par le chirurgien.

Le principe du traitement est de détruire les cellules cancéreuses, par effet thermique obtenu par l’utilisation d’un faisceau d’ultrasons focalisés de haute intensité. Ces ultrasons d’énergie élevée sont émis par une sonde endo-rectale, introduite dans le rectum du patient. La sonde est recouverte d’un ballonnet contenant un liquide réfrigéré qui permet de maintenir la paroi rectale à une température constante pendant toute la durée du traitement. Les ultrasons sont dirigés vers la zone à traiter. Le faisceau d’ultrasons est émis sous forme d’impulsions (ou tirs). Chaque impulsion ultrasonore détruit électivement une petite zone de tissu de la prostate. Cette destruction se fait grâce à une élévation brutale de la température dans la zone traitée. Le nombre de tirs dépend du volume de la prostate.

Nous utilisons la dernière génération de dispositif de traitement, appelé Focal One® distribué par EDAP-TMS, Lyon, France. Cette nouvelle génération permet de contrôler en temps réel le traitement et de cibler au plus précis les tirs à destinée de la glande prostatique. Un traitement total de la prostate peut être réalisé, on parle d’HIFU total. L’intérêt de cette nouvelle génération, par rapport à l’ancien Ablatherm°,  grâce à l’intégration des images IRM et des données de la biopsie prostatique, est de permettre un traitement focal de la glande. Ce traitement focal permet de ne traiter que le foyer cancéreux, identifié par les biopsies et l’IRM, en préservant le reste de la prostate saine. Le traitement s’adapte donc à l’étendue de la maladie de chacun et tente donc de minimiser les effets secondaires potentiels du traitement.

Prostate.html

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Cette technique fait partie de l’arsenal du traitement du cancer de la prostate. Le traitement se déroule sous anesthésie générale ou locorégionale (rachianesthésie) au cours d’une hospitalisation en ambulatoire ou de courte durée. Pour réduire au maximum la durée du sondage post-traitement, une résection endoscopique (cf RTUP) a minima peut être réalisée avant le traitement par ultrasons (au cours de la même anesthésie ou plus souvent quelques semaines avant le traitement).  Le chirurgien repère les limites de la prostate et définit sur l’écran de contrôle la zone qu’il souhaite traiter. Le traitement, qui dure de 30 minutes à 3 heures selon le volume de la prostate, se termine par la mise en place temporaire d’une sonde dans la vessie.


Suites opératoires immédiates:

Vous avez une sonde vésicale. Cette dernière permet de récupérer les urines et de laisser cicatriser durant la phase d’oedème post opératoire.

Le retour à domicile est possible le soir même ou le jour suivant le traitement en gardant la sonde à votre domicile qui y sera retirée par une infirmière une semaine plus tard environ.

Un rendez vous vous sera donné avec votre chirurgien (en général 4 à 6 semaines après l’intervention) pour un contrôle de la cicatrisation et du PSA.


Conséquences :

Comme on vous l’a expliqué en pré opératoire, après ce traitement, il n’existe plus d’éjaculation et ce de manière définitive.

Une incontinence peut être rapportée. Cette incontinence, lorsqu’elle existe, est souvent réversible après quelques semaines ou quelques mois. Des besoins urgents, en rapport avec la nouvelle anatomie et le délai de cicatrisation, sont parfois rapportés lors des premières semaines. Une rééducation peut être parfois utile dans la récupération.

Des difficultés mictionnelles (jet faible, rétention) liées à l’élimination du tissu prostatique détruit peuvent être aussi rapportées, pouvant conduire à la repose d’une sonde vésicale ou une intervention par voie endoscopique visant à retirer le tissu nécrosé responsable de l’obstruction.

Les nerfs érecteurs, accolés à la prostate, peuvent être traumatisés lors de l’intervention, par la diffusion de chaleur à leur niveau se traduisant par une perte des érections. Cependant, en fonction du stade de la maladie et si celà est possible, un traitement focal peut être entrepris, permettant de préserver les nerfs. La préservation nerveuse et une rééducation sexuelle (comprimés ou auto injections) sont des éléments importants dans la récupération de la sexualité (qui peut se faire parfois 2 ans après l’intervention). La préservation nerveuse n’est cependant pas toujours possible, l’objectif principal étant le traitement de la maladie.

Une douleur périnéale pré anale peut être rapportée aussi temporairement, dans le site du traitement. L’introduction de la sonde dans le rectum peut induire aussi des douleurs anales, une poussée hémorroidaire ou une fissure anale, pouvant nécessiter un traitement médical local (crême...).


Conseils :

- Boire régulièrement au moins 1,5 L d’eau par jour et ce en fonction de la couleur des urines.

- Le port de bas de contention est recommandé pour 10j.

- Eviter les efforts physiques intenses (notamment port de poids ...).

  1. -Ne pas rester allongé toute la journée.


Quand demander avis ?

- En cas de diminution de la force du jet ou de difficultés mictionnelles, de douleurs anormales ne cédant pas avec le traitement antalgique, demandez avis auprès de votre chirurgien.

- En cas de fièvre>38°5, et/ou de rougeur avec douleur au niveau des bourses, vous devez consulter en urgence, et réaliser une analyse d’urine (ECBU).


Examens de surveillance usuels : analyse d’urine (ECBU), PSA total ultra sensible.

En cas de port de sonde:

Le port prolongé d’une sonde est responsable d’une contamination des urines par des germes. 

Une analyse d’urines (ECBU)  pratiquée sur une sonde portée depuis plusieurs jours retrouvera alors classiquement des leucocytes, des hématies et des germes. Cela ne signifie pas qu’il y a infection.

Quelques Conseils :

- Garder la verge plaquée sur le ventre (vers le haut), jamais décalottée.

- Laisser toujours la poche collectrice d’urine déclive (à un niveau plus bas que celui de la vessie pour en assurer une bonne vidange), et la vider régulièrement.

- Boire régulièrement au moins 1,5 L d’eau par jour.

- Les soins de sonde ne nécessitent pas de désinfection mais un simple lavage à l’eau savonneuse (savon de Marseille). L’utilisation d’antiseptiques peuvent être la source d’irritation locale.

- En cas de prescription de poches de jambe…, les changements doivent être effectués avec des antiseptiques, toutes les 48h environ. Penser à décrocher la poche de la jambe pour la laisser plus basse que vous lorsque vous vous allongez.

- En cas de mictions autour de la sonde, il faut en vérifier la perméabilité éventuellement à l’aide d’une seringue. Si elle  n’est pas obstruée, il s’agit de contractions réflexes de la vessie qui peuvent nécessiter un traitement médical.

- Une sonde peut être gardée jusqu’à 1 mois en place, et doit être changée au delà (l’absence de changement de sonde peut être responsable d’infection urinaire, d’obstruction de la sonde par des dépôts, voire d’incrustation de la sonde par des calcifications).