Prolapsus / Incontinence urinaire

 
 

Le prolapsus (“descente d’organe”) et l’incontinence urinaire d’effort sont les conséquences d’un trouble de la statique pelvienne.

Ces deux entités ne sont pas systématiquement associées et relèvent de traitements différents. La prise en charge doit cependant toujours faire rechercher une incontinence ou un prolapsus associé afin de proposer la meilleure solution thérapeutique.


Le prolapsus est en fait une “hernie” par le vagin, Dont les éléments de soutien ont pu être détérioriés au cours de la vie (accouchement traumatique, hystérectomie, efforts de poussée (constipation, toux chroniques), anomalie du collagène (solidité moindre des tissus) ...).

Le vagin qui s’extériorise peut emmener en avant la vessie (Cystocèle), l’utérus (Hystéroptose) ou le fond du vagin en cas d’hystérectomie, et en arrière l’intestin (Elytrocèle (cul de sac de Douglas)) ou le rectum (Rectocèle).

La symptomatologie dépend de l’importance et des éléments du prolapsus (difficultés mictionnelles avec résidu, saillie vulvaire avec pesanteur, gêne locale, difficultés d’exonération (selles) ...).


L’incontinence urinaire d’effort (IUE) est l’émission involontaire d’urines lors d’un effort (toux, port de poids, ...), en général due à un défaut de soutien de l’urètre (cause mécanique).

Elle est à différencier d’autres causes de fuites:

  1. -par urgenturie/impériosité (besoin urgent incontrôlable, ne laissant pas le temps d’aller aux toilettes ),

  2. -par insuffisance sphinctérienne (muscle sphinctérien trop faible pour préserver la continence)

  3. -fistule vésico ou urétéro vaginale (communication entre la vessie ou un uretère et le vagin),

  4. -mictions par regorgement (vessie se vidant mal et “débordant” régulièrement).

Son traitement doit toujours comporter dans un premier temps une rééducation “périnéo sphinctérienne”. Une prise en charge chirurgicale ne sera envisagée qu’en cas d’échec de rééducation.


Le Bilan d’une incontinence et/ou d’un prolapsus est sensiblement le même et a pour objectifs de :

  1. -rechercher une association entre ces deux troubles,

  2. -de distinguer les différents types de prolapsus et d’incontinence,

  3. -de simuler les différents gestes chirurgicaux afin de prédire un résultat,

  4. -et de faire le point avant tout geste chirurgical afin d’avoir un bilan de référence.

Ce bilan, parfois un peu long dans sa réalisation, est indispensable afin de proposer la meilleure solution thérapeutique.

Il comporte en général :

  1. -un interrogatoire poussé,

  2. -un examen sur table gynécologique,

  3. -une analyse d’urines (ECBU)

  4. -une échographie pelvienne (vérification de l’utérus ...),

  5. -une cystoscopie (examen avec un optique de la vessie et de l’urètre),

  6. -un Bilan Uro Dynamique (BUD) qui consiste à prendre les pressions de la vessie et du sphincter lors du remplissage de la vessie par une petite sonde,

et parfois en cas de prolapsus difficile d’évaluation ou récidivé une IRM ou un colpocystogramme.




Existe-t-il un traitement des autres causes de fuites d’urines (en dehors de l’IUE)?

Leur nature a pu être déterminer par le bilan réalisé ou peut nécessiter quelques investigations complémentaires.

  1. -Incontinence par urgenturies/impériosités: en l’absence de maladie vésicale sousjacente (calcul, polype, infection...), c’est un traitement médical qui est indiqué (comprimés) avec éventuelle rééducation. En cas d’échec de ce traitement, et en l’absence de maladie neurologique, il pourra être proposé l’essai d’une neurostimulation S3 (électrode implantée au contact des nerfs à destinée vésicale au niveau du sacrum), fonctionnant comme un véritable pace maker de vessie.

  2. -Incontinence par insuffisance sphinctérienne: une bandelette sous urétrale pourra être proposée en cas d’efficacité observée lors de l’examen de simulation, mais avec un résultat souvent moins satisfaisant que dans l’IUE. En cas d’échec lors de la simulation (test de soutènement urétral distal), l’insuffisance sphinctérienne trop importante peut conduire à discuter en fonction du contexte une implantation de dispositif sphinctérien artificiel.

  3. -Fistule vésico ou urétéro vésicale : Le traitement est chirurgical visant à fermer la communication entre les différentes structures si la fistule n’est pas récente.

  4. -Incontinence urinaire par regorgement: c’est le traitement de l’obstacle qui est indiqué (traitement de l’adénome de prostate chez l’homme par exemple).

 

Prolapsus et incontinence urinaire d’effort

Statique pelvienne

équilibre pelvien et périnéal chez la femme entre :

Vessie  en avant (étage antérieur)

UTerus et fond vaginal  au milieu (étage moyen)

rectum et cul de sac de douglas  en arrière (étage postérieur)

kjl

Exemple de cystocèle vue à l’IRM

Neurostimulation S3

Sphincter artificiel

Dernière mise à jour: 13/5/2016

Bilan Uro Dynamique (BUD)