Prostatectomie (totale ou radicale)

 

Vous venez d’être opéré d’une prostatectomie

La prostatectomie (totale ou radicale)

Consiste en l’ablation de la prostate en totalité.

Elle peut être réalisée par une incision dans la partie basse du ventre (chirurgie “à ciel ouvert”) ou par coelioscopie (intervention réalisée à travers de petits orifices par lesquels sont insérés des instruments et une caméra) avec ou sans assistance robotisée.

Une fois la prostate retirée, une suture est réalisée entre l’urètre et la vessie.

La prostate est envoyée pour être examinée en anatomopathologie.

Un curage (ablation de ganglions lymphatiques) peut être effectué dans le même temps opératoire.

Un traitement complémentaire pourra être indiqué en fonction des résultats de l’examen anatomopathologique et du taux de PSA de contrôle.

Le choix de la technique “ciel ouvert”, coelioscopie ou coelioscopie robot assistée dépend des habitudes de votre chirurgien et de votre maladie.


Suites opératoires immédiates:

Vous avez un redon (qui permet d’évacuer les sérosités) qui sera retiré entre le 1er et le 3e jour, et une sonde vésicale. Cette dernière permet de récupérer les urines et de laisser cicatriser la suture entre la vessie et l’urètre. 

La sonde est laissée en place pendant 5 à 15 jours en fonction du déroulement de l’intervention et des recommandations de votre chirurgien.

Des bas de contention devront être portés pendant une quinzaine de jours avec réalisation d’injections d’anticoagulants afin d’éviter la survenue d’une phlébite.

Une sortie sera possible en fonction des habitudes de votre chirurgien: 

le lendemain ou le jour du retrait de la sonde, ou plus précocément vers le 2e ou 3e jour en gardant la sonde à votre domicile qui y sera retirée par une infirmière une semaine plus tard environ (voir explications dans le cadre ci joint).

Un rendez vous vous sera donné avec votre chirurgien (en général à 6 semaines de l’intervention) pour un contrôle de la cicatrisation et du PSA.


Conséquences :

Comme on vous l’a expliqué en pré opératoire, après l’ablation de la prostate il n’existe plus d’éjaculation de manière définitive.

De même, en raison de l’intervention et de la proximité du sphincter (continence) par rapport à la suture, une incontinence est classiquement rapportée. Cette incontinence, lorsqu’elle existe, est réversible dans plus de 90% des cas après quelques semaines ou quelques mois. Des besoins urgents, en rapport avec la nouvelle anatomie, sont parfois rapportés lors des premières semaines. Une rééducation peut être parfois utile dans la récupération. Un traitement chirurgical de l’incontinence résiduelle peut être envisagé si elle persiste et demeure gênante un an après l’intervention.

Les nerfs érecteurs, accolés à la prostate, sont en général traumatisés lors de l’intervention, se traduisant par une perte des érections. Cependant, en fonction du stade de la maladie, une préservation de ces nerfs est parfois possible, mais augmentant le risque de laisser une maladie résiduelle. La préservation nerveuse et une rééducation sexuelle (comprimés ou auto injections) sont des éléments importants dans la récupération de la sexualité (qui peut se faire parfois 2 ans après l’intervention). La préservation nerveuse n’est cependant pas toujours possible, l’objectif principal étant le traitement de la maladie.

Une douleur périnéale pré anale peut être rapportée aussi temporairement.


Conseils :

- Boire régulièrement au moins 1,5 L d’eau par jour et ce en fonction de la couleur des urines.

- Le port de bas de contention et les injections d’anticoagulants durant minimum 15 jours après l’intervention.

- Eviter les efforts physiques intenses (notamment port de poids ...).

  1. -Ne pas rester allongé toute la journée.

  2. -Eviter les bains durant les 2 semaines post opératoires (douches autorisées)


Quand demander avis ?

- En cas de diminution de la force du jet ou de difficultés mictionnelles, de douleurs pré anales demandez avis auprès de votre chirurgien.

- En cas de fièvre>38°5, et/ou de rougeur avec douleur au niveau des bourses, vous devez consulter en urgence, et réaliser une analyse d’urine (ECBU).


Examens de surveillance usuels : analyse d’urine (ECBU), PSA total ultra sensible.

En cas de port de sonde:

Le port prolongé d’une sonde est responsable d’une contamination des urines par des germes. 

Une analyse d’urines (ECBU)  pratiquée sur une sonde portée depuis plusieurs jours retrouvera alors classiquement des leucocytes, des hématies et des germes. Cela ne signifie pas qu’il y a infection.

Quelques Conseils :

- Garder la verge plaquée sur le ventre (vers le haut), jamais décalottée.

- Laisser toujours la poche collectrice d’urine déclive (à un niveau plus bas que celui de la vessie pour en assurer une bonne vidange), et la vider régulièrement.

- Boire régulièrement au moins 1,5 L d’eau par jour.

- Les soins de sonde ne nécessitent pas de désinfection mais un simple lavage à l’eau savonneuse (savon de Marseille). L’utilisation d’antiseptiques peuvent être la source d’irritation locale.

- En cas de prescription de poches de jambe…, les changements doivent être effectués avec des antiseptiques, toutes les 48h environ. Penser à décrocher la poche de la jambe pour la laisser plus basse que vous lorsque vous vous allongez.

- En cas de mictions autour de la sonde, il faut en vérifier la perméabilité éventuellement à l’aide d’une seringue. Si elle  n’est pas obstruée, il s’agit de contractions réflexes de la vessie qui peuvent nécessiter un traitement médical. En aucun cas le ballon de la sonde ne doit être dégonflé et la sonde changée sans l’avis de votre chirurgien dans les suites d’une prostatectomie radicale.

- Une sonde peut être gardée jusqu’à 1 mois en place, et doit être changée au delà (l’absence de changement de sonde peut être responsable d’infection urinaire, d’obstruction de la sonde par des dépôts, voire d’incrustation de la sonde par des calcifications).

Prostate.html

Dernière mise à jour: 11/5/2016

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La prostatectomie (intérêt, avantages et inconvénients)

expliquée par la vidéo.

Sources scientifiques: Recommandations du comité de cancérologie de l’AFU