Résection endoscopique de prostate (RTUP ou REP)

 

Vous venez d’être opéré d’une résection endoscopique de prostate

La résection endoscopique de prostate consiste à retirer l’adénome de la prostate en laissant le reste de la prostate en place (coquetier prostatique).

Elle est réalisée par voie endoscopique (sans ouverture, et à travers le canal).

Cette intervention a pour objectif d’améliorer la qualité des mictions (puissance et qualité du jet) en retirant l’obstruction engendrée par la prostate.

Les besoins fréquents d’uriner ne viennent pas de la prostate mais de la vessie qui a été détériorée par l’obstacle prostatique. On peut donc en espérer une amélioration mais de manière différée.

Cette intervention est réservée aux adénomes peu volumineux. En cas de prostate très volumineuse, c’est l’adénomectomie qui est alors indiquée.

D’autres traitements ont été développés (TUNA, Laser, ...) pour des indications précises (homme jeune, petit adénome, traitement anticoagulant...). La résection de prostate reste cependant le traitement de référence.

C’est l’adénome, responsable d’un obstacle sur l’écoulement des urines de la vessie, qui a été retiré et non pas la prostate elle-même. Cette dernière se trouve alors évidée de son adénome, avec des parois internes « à vif » (loge prostatique) qui ont été coagulées.


Suites opératoires immédiates:

Elles sont peu douloureuses.

Vous avez une sonde dont l’extrémité interne est maintenue dans la vessie à l’aide d’un petit ballon gonflable. La sonde permet de récupérer les urines et de laisser au repos la vessie.

Un lavage (sérum physiologique) est réalisé par cette sonde permettant d’éviter la formation de caillots dans la vessie. Dès que vous êtes autorisé à vous alimenter, vous devez bien boire afin que les urines puissent progressivement remplacer le lavage.

La sonde est laissée en place pendant 2 jours en fonction de l’évolution et des recommandations de votre chirurgien.

Une sortie sera possible le lendemain du retrait de la sonde afin d’observer un recul de 24h sur la reprise des mictions.

Un rendez vous vous sera donné avec votre chirurgien pour un contrôle de  la cicatrisation (en général à 6 semaines de l’intervention).


Conséquences :

Cette nouvelle anatomie et la durée prolongée (1-3 mois) de cicatrisation de la loge prostatique sont responsables de manière temporaire de :

  1. -Sang dans les urines (hématurie) de manière fluctuante durant le premier mois, augmentant parfois après un effort physique, ou le fait d’aller à la selle. Il est donc classique d’observer des leucocytes et des hématies sur les analyses d’urines pratiquées durant cette période. Il n’y a pas d’infection si la recherche de germe est “stérile”.

  2. -Une majoration du saignement peut survenir entre 1 et 3 semaines après l’intervention, correspondant à la chute d’escarre (chute des « croûtes / caillots » qui tapissent la loge prostatique).

  3. -Des besoins fréquents et urgents (impérieux) d’uriner, parfois accompagnés de quelques fuites d’urines de manière temporaire. 


Comme on vous l’a expliqué en pré opératoire, après ce genre d’intervention, l’éjaculation prend le chemin de la vessie en raison de la large communication de la loge prostatique avec cette dernière, ce qui diminue son volume voire la fait disparaître (éjaculation rétrograde).


Conseils :

- Boire régulièrement au moins 2 L d’eau par jour et ce en fonction de la couleur des urines, afin de laver la vessie et la loge prostatique et éviter la formation de caillots.

- Les traitements anticoagulants et la prise d’aspirine sont fortement déconseillés durant les 3 premières semaines (période de la chute d’escarre) en raison du risque hémorragique.

- Eviter les rapports sexuels le premier mois, ainsi que les efforts physiques intenses (le port de charges modérées est autorisé).

- Ne pas rester allongé toute la journée.


Quand demander avis ?

- Lors de la chute d’escarre, l’émission de caillots en grande quantité et de difficultés mictionnelles doit amener à consulter.

- En cas de diminution de la force du jet, ou de difficultés mictionnelles, demandez avis auprès de votre chirurgien (possible rétrécissement du canal).

- En cas de fièvre>38°5, et/ou de rougeur avec douleur au niveau des bourses, vous devez consulter en urgence, et réaliser une analyse d’urine (ECBU).


Examens de surveillance usuels : débitmétrie, échographie post mictionnelle, analyse d’urine (ECBU).









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Dernière mise à jour: 23/9/2011

Loge de résection après RTUP, au sein de la prostate