Vaporisation de l’adénome au laser (Greenlight° -AMS-)

 

Vous venez d’être opéré d’une vaporisation laser d’un adénome de prostate

La vaporisation laser de l’adénome prostatique consiste à supprimer l’adénome de la prostate en laissant le reste de la prostate en place (coquetier prostatique).

Elle est réalisée par voie endoscopique (sans ouverture, et à travers le canal).

Cette intervention a pour objectif d’améliorer la qualité des mictions (puissance et qualité du jet) en retirant l’obstruction engendrée par la prostate.

Les besoins fréquents d’uriner précédant l’intervention ne viennent pas de la prostate mais de la vessie qui a été détériorée par l’obstacle prostatique. On peut donc en espérer une amélioration mais de manière différée.

L’opération est pratiquée sous anesthésie et consiste à introduire un appareil (endoscope) par l’urètre. Une fois au milieu de la prostate,  une fibre laser de 2mm de diamètre va détruire précisément le tissu prostatique à travers le canal de l’urètre en le vaporisant, ce qui va élargir le canal qui retrouve ainsi un calibre normal. Il est en général réalisé un contrôle échographique de la vaporisation laser de l’adénome pendant l’intervention, visant à s’assurer que le geste a été effectué de la manière la plus complète possible. A l’opposé de la résection endoscopique ou de l’adénomectomie, on ne retire pas de tissu, mais on le détruit. Il n’y a donc pas d’analyse anatomopathologique.

L’avantage du traitement laser est de réduire le saignement, simplifier et réduire les suites opératoires par rapport aux autres techniques.

Cette technique autorise ainsi le maintien des anti-agreggants plaquettaires (Aspirine, Plavix°…) mais demande si possible un arrêt des anticoagulants AVK  (Previscan°, Sintrom°, …) qui doivent être alors remplacés par des injections sous cutanées d’HBPM pour 15 jours à 3 semaines.

C’est l’adénome, responsable d’un obstacle sur l’écoulement des urines de la vessie, qui a été retiré et non pas la prostate elle-même. Cette dernière se trouve alors évidée de son adénome, avec des parois internes  (loge prostatique) qui ont été cauterisées et vaporisées.


Suites opératoires immédiates:

Elles sont peu douloureuses.

Vous avez une sonde dont l’extrémité interne est maintenue dans la vessie à l’aide d’un petit ballon gonflable. La sonde permet de récupérer les urines et de laisser au repos la vessie.

Un lavage (sérum physiologique) n’est pas systématique mais peut être effectué en cas d’urines sombres pour éviter la formation de caillots dans la vessie. Dès que vous êtes autorisé à vous alimenter, vous devez bien boire.

La sonde est laissée en place en général pendant 1 jour en fonction de l’évolution et des recommandations de votre chirurgien.

Une sortie sera possible le soir de l’intervention avec la sonde qui sera retirée par une infirmière le lendemain, ou plutôt dans la plupart des cas,  le lendemain de l’intervention après vérification de la reprise de mictions satisfaisantes au retrait de la sonde. L’hospitalisation peut durer plus longtemps en cas d’urines sombres, ou de difficultés mictionnelles. 


Conséquences :

Cette nouvelle anatomie et la durée prolongée (1-3 mois) de cicatrisation de la loge prostatique sont responsables de manière temporaire de :

  1. -Sang dans les urines (hématurie) de manière fluctuante durant le premier mois, augmentant parfois après un effort physique, ou le fait d’aller à la selle. Il est donc classique d’observer des leucocytes et des hématies sur les analyses d’urines pratiquées durant cette période. Il n’y a pas d’infection si la recherche de germe est “stérile”.

  2. -Une majoration du saignement peut survenir entre 1 et 3 semaines après l’intervention, correspondant à la chute d’escarre (chute des « croûtes / caillots » qui tapissent la loge prostatique).

  3. -Des besoins fréquents et urgents (impérieux) d’uriner, parfois accompagnés de quelques fuites d’urines de manière temporaire. 


Comme on vous l’a expliqué en pré opératoire, après ce genre d’intervention, l’éjaculation prend le chemin de la vessie en raison de la large communication de la loge prostatique avec cette dernière, ce qui diminue son volume voire la fait disparaître (éjaculation rétrograde).


Conseils :

- Boire régulièrement au moins 1,5-2 L d’eau par jour et ce en fonction de la couleur des urines, afin de laver la vessie et la loge prostatique et éviter la formation de caillots.

- Eviter les rapports sexuels le premier mois, ainsi que les efforts physiques intenses (le port de charges modérées est autorisé).

- Ne pas rester allongé toute la journée, mais déambuler.


Quand demander avis ?

- Lors de la chute d’escarre, l’émission de caillots en grande quantité et de difficultés mictionnelles doit amener à consulter.

- En cas de diminution de la force du jet, ou de difficultés mictionnelles, demandez avis auprès de votre chirurgien (possible rétrécissement du canal).

- En cas de fièvre>38°5, et/ou de rougeur avec douleur au niveau des bourses, vous devez consulter en urgence, et réaliser une analyse d’urine (ECBU).


Examens de surveillance usuels : débitmétrie, échographie post mictionnelle, analyse d’urine (ECBU), PSA, questionnaire , et éventuelle fibroscopie.









































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Loge prostatique après suppression de l’adénome, au sein de la prostate

Dernière mise à jour: 19/3/2012

Toulouse